Humain ou pas humain

Agnes m’a fait réfléchir à une question à laquelle je n’avais jamais pensé : pourquoi je dessine peu d’humains.

C’est vrai que les humains, sur la plupart de mes dessins et peintures, sont simplement des silhouettes, des évocations. La plupart du temps dans des villes ou des paysages.

Pourtant il m’arrive, assez rarement, d’avoir envie de dessiner des gens. Je réalise que quand cela se produit, c’est souvent parce que le contexte m’a attiré l’œil. Une scène, une impression. Je ne suis pas intéressé par l’humain en tant que tel, mais plutôt l’humain dans son contexte de vie.

Il existe en peinture académique pleins de courants liés à la représentation humaine, allant du portrait, à la représentation du corps. Je dois dire que je suis totalement hermétique à l’exercice consistant à représenter l’humain dans des “poses”. C’est pourtant un exercice exigeant et difficile et qui a produit des chefs d’œuvres. Mais j’y suis assez peu sensible. Pour ne pas dire pas du tout.

Ce n’est pas pour rien que j’adore Hopper, le maître dans l’art de représenter l’humain dans son contexte de vie. Là, ça m’intéresse. “Nighthawks”  et ses solitudes citadines est – à ce titre – un modèle de la représentation humaine contextualisée, à l’opposé du portait noble de la renaissance, ou du corps posé dans l’atelier du peintre.

Ces trois jeunes hommes au bord de la route à Madagascar début octobre 2025, le regard perdu et les mains dans les poches m’ont donné une impression à la fois de désespoir feutré et de manque de perspective. Trois jours après, les émeutes de la génération Z débutaient à Antananarivo et le pouvoir sera renversé quelques jours après. 

gen Z

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